Les 2 et 3 mai prochains se tiendront les Assises nationales sur le harcèlement à l’école. Depuis la publication du rapport de l’Unicef sur les violences scolaires en mars dernier, Luc Chatel semble faire de la lutte contre ces violences une des priorités de son action ministérielle.
Le point de départ : l’enquête de l’Unicef
Pour les besoins de cette enquête, diligentée par l’Observatoire international de la violence à l’école pour le compte de l’Unicef, près de 12 000 élèves de Cycle 3 scolarisés dans 157 établissements différents ont été interrogés sur leur sentiment de sécurité à l’école, de fin 2009 à fin 2010. Une enquête au demeurant plutôt satisfaisante puisque 52% des élèves interrogés disent qu’ils se sentent tout à fait bien à l’école et 37 %, plutôt bien. La relation avec l’enseignant est même plébiscitée pour 89% des élèves interrogés. Un point noir vient toutefois ternir cette enquête, il s’agit du harcèlement scolaire, phénomène encore jamais mesuré et étudié dans nos cours d’école. Ainsi, pas moins de 12% des élèves de Cycle 3 seraient victimes de harcèlement (insultes, agressions physiques, fausses rumeurs, racket, etc.). Ces violences scolaires multiformes, dont on ne mesure pas toujours la gravité, peuvent avoir de graves conséquences psychologiques sur les élèves, citons le décrochage scolaire, l’absentéisme, les somatisations, la dépression et dans les cas les plus graves, le suicide.
Le harcèlement scolaire : nouveau « chantier » du ministre
Au « Conseil scientifique sur les discriminations à l’école » qui vise à repérer et à combattre toutes les formes de discrimination à l’école, Luc Chatel a superposé récemment un nouveau conseil, celui des « États généraux de la sécurité à l’école », chargé de se pencher sur les spécificités du phénomène du harcèlement scolaire. Des propositions concrètes ont d’ores et déjà été formulées dans le rapport du président de ces États généraux, Éric Debarbieux. Plusieurs pistes émergent autour de la formation, de la prévention et de la sanction. Le ministre a, quant à lui, dit vouloir « proposer dès cette année, une politique volontariste et complète pour lutter contre le harcèlement à l’école ».
La communauté éducative en première ligne
Dans un chat organisé le 29 mars dernier par lemonde.fr et consacré au thème des violences scolaires, la communauté éducative réagit et s’interroge. Les enseignants et directeurs d’établissement sont les premiers à rappeler leur relative non-formation face aux violences scolaires. En effet, il n’y a toujours aucun module de prévu sur la gestion des conflits dans la formation des maîtres. Au-delà de ce manque criant de formation et dans un contexte de suppression des Rased, les enseignants rappellent également, à juste titre, qu’ils ne sauraient se substituer à des « éducateurs », rôle dévolu aux parents.
Formation, prévention, répression ? Le chantier est immense et les réponses à apporter sont multiples, c’est la raison pour laquelle, à tout juste un an des élections présidentielles, il serait dommageable pour notre système éducatif et pour la société entière de voir cet enjeu majeur réduit à un simple sujet de campagne électorale.
Pour en savoir plus :
Ève Cité
Éditrice
20/04/11