Langues vivantes : quel enseignement viser à l’école primaire ?

Le 24 février dernier, le ministre Luc Chatel a annoncé la réunion, le 7 mars 2011, d'un comité chargé de réformer l'enseignement des langues " sur toute la scolarité".
 
Déjà, en 2005, le ministère de l'Éducation nationale avait lancé un Plan de rénovation de l'enseignement des langues vivantes étrangères qui concernait tous les élèves, de l'école élémentaire au lycée. L'objectif de ce plan était d'améliorer le niveau des élèves dans deux langues étrangères, dans un contexte d'ouverture européenne et internationale, l’amélioration de l’apprentissage des langues dans l’Union Européenne étant un élément clé de la stratégie de Lisbonne. Mais l’UE n’était pas parvenue à s’entendre sur une politique commune d’enseignement des langues, chaque pays a donc opté pour le système de son choix.
 
À l'école élémentaire, les élèves reçoivent un enseignement de langues vivantes à partir du CE1. Depuis la rentrée 2008, une sensibilisation est conduite dès le CP. Cet enseignement concerne 8 langues : allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien, portugais et russe, sans oublier les langues régionales. En ce sens, l'école répond aux exigences européennes de diversifier les langues qu'elle propose, pour préserver la richesse linguistique et culturelle de l'Europe et du monde.
 
L’anglais est de loin la langue la plus offerte et la plus apprise en Europe, y compris en France. Mais si, comme le souligne Luc Chatel « Ne pas parler anglais est un handicap », faut-il aller plus loin et imposer, comme certains pays de l’UE le font déjà, l’apprentissage de l’anglais dès l’école primaire ?
Certes, comme le souligne les signataires de la pétition Faut-il sauver l’allemand, une langue n'est pas seulement un outil de communication, mais aussi un moyen d'offrir la possibilité à nos élèves de développer leur ouverture d'esprit, d'éveiller leur curiosité pour d'autres cultures, d'être plus tolérants (…) et la garantie de créer à terme un sentiment d'appartenance à l'Union Européenne.
 
La question qui se pose est bien de savoir ce qui est visé. L’école primaire doit-elle être le lieu de cette ouverture d’esprit ou au contraire celui d’un apprentissage rigoureux et systématique pour la maitrise une langue donnée ? Car aujourd’hui, c’est une vision pour le moins contrastée de l’enseignement des langues qu’offre l’école primaire : disparité des moyens, choix des langues imposé en fonction de certains partenariats locaux, écarts dans la formation des enseignants... Force est de constater que l’enseignement des langues dans le premier degré souffre d’un manque de cohérence sur le territoire national.
 
Or, cette difficulté à mettre en place une politique efficace de l’apprentissage des langues n’est-elle pas au fond liée à la question des objectifs qui ne sont peut-être pas clairement fixés ?
 
Flora Véron,
Editrice
 
Pour en savoir plus :
>Pétition Faut-il sauver l'allemand ? http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2011N6841
>Communiqué de presse Eurostat : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-24092009-AP/FR/3-24092009-AP-FR.PDF