C’est officiel ! 1500 classes de primaire supprimées à la rentrée 2011

Luc Chatel a annoncé le 26 avril dernier, sur l’antenne de RMC, la fermeture d’environ 1500 classes dans le primaire à la rentrée prochaine, confirmant ainsi l’estimation annoncée quelques jours plus tôt par le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire.
 
Une bataille de chiffres
Conjointement à la fermeture de 1500 classes, le SNUipp prévoit 4900 élèves de plus à la rentrée prochaine. Tandis que, d’un côté, le ministre relativise cette augmentation, « 245 000 classes de premier degré à la rentrée, c’est sensiblement le même chiffre qu’il y a quatre ou cinq ans », le SNUipp reste sur ses positions : « Comment résoudre l’équation quand dans le même temps il y aura 8 967 enseignants de moins dans les écoles ? »
 
Une mobilisation en marche
Si l’annonce des mesures relatives à la carte scolaire n’a pas donné lieu à une mobilisation significative de la part du corps enseignant et des parents d’élèves, Bertrand Geay *, dans le N° 701 de La lettre de l’Éducation, parle d’un « frémissement » perceptible depuis avril même si il concède que, « compte tenu de l’ampleur des suppressions de postes, on aurait pu penser que la mobilisation démarrerait plus tôt. » Après plusieurs mouvements de contestation intermittents autour de la carte scolaire, des programmes ou encore du fichier Base, Bertran Geay croit cette fois-ci en une mobilisation de grande ampleur : « La question des suppressions de postes est fédératrice, contrairement aux sujets de politique éducative, qui soulèvent des débats idéologiques. » Et d’ajouter : « Tout se jouera à la rentrée ».
En région, les annonces de suppressions de postes sont d’ores et déjà effectives avec, à titre d’exemple, 193 postes d’enseignants supprimés rien qu’en l’Alsace. En réaction à cette annonce, près de 250 personnes ont manifesté le 2 mai dernier devant le conseil général de Colmar, parmi les slogans brandis par les manifestants on pouvait lire : « Pas d’école au rabais » ou encore « École pauvre = société faible ».
 
Le SNUipp lance un appel à la mobilisation le 18 mai prochain à Paris devant le ministère : le bras de fer annoncé aura-t-il lieu ?
 
Eve Cité,
Editrice
 
* Bertrand Geay est professeur à l’Université de Picardie, sociologue de l’action collective et du syndicalisme enseignant.
 
Pour en savoir plus :
L’interview de Bertrand Geay dans La lettre de l’Éducation N° 701 datée du 2 mai 2011.